Débats

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Bona annada

                                                                                

                                                Bonne année 2014

2014 marquera le centième anniversaire du début de la Première Guerre mondiale, qui coïncide en France avec l’assassinat d’un illustre pacifiste, Jean Jaurès, le 31 juillet. Tristes souvenirs d’un conflit absurde qui a fait 9 millions de morts et 20 millions de blessés, où les soldats partaient au front la fleur au fusil pour une guerre qu’ils croyaient gagnée d’avance. Ce fut au contraire une longue désolation dès l’été 1914, la survie dans les tranchées, le déluge de fer et de feu, l’horreur pour les militaires et les civils.
Au-delà du côté déplaisant de commémorer l’ouverture d’un conflit meurtrier, les multiples manifestations qui se dérouleront dès cette année 2014 et jusqu’au 11 novembre 2018 pour le centième de l’Armistice, ouvrent la fenêtre du souvenir utile.
Histoire de ne pas oublier que les français n'ont pas échappé à ce conflit. Ils ont gardé la frontière, mais la providence ne les a pas préservés d’affronter constamment la mort. C’est aussi, pour nous aujourd'hui, l’occasion de réaliser que la guerre faisait alors rage à nos portes, plus spécialement en Alsace, qui était allemande depuis 43 ans. Les balles qui sifflaient jadis dans la campagne de La Largue n’étaient pas celles des bienheureux golfeurs qui s’y délassent aujourd’hui. Et les bunkers de sable, d’où Français, Allemands et Suisses s’amusent à faire décoller leurs balles maladroitement perdues, sont plus drôles que les bunkers militaires aménagés sur le front de La Largue.
La commémoration de la Grande Guerre nous rappelle donc combien la paix est précieuse et combien il est important de la préserver, en tout temps, tous lieux, et en toutes circonstances. Préserver la paix est l’unique moyen d’éviter la guerre. Des conflits embrasent aujourd’hui encore la planète et des foyers de tension apaisée auraient tôt fait de se rallumer. On n’est jamais vraiment à l’abri de la guerre, vite repartie, «comme en 14», selon l’expression ironique consacrée.
Alors non, plus jamais comme en 14!

                                                Que l’an 2014 vous soit paisible, doux, amical, joyeux, généreux.

Au détour d’une note

Dans un long entretien à "Réforme", l'ancien otage d'AQMI dans le Sahel assure avoir été "bien traité" et raconte son retour dans un tourbillon médiatique et politique jugé "hallucinant".

OTAGES

Je ne lis pas toutes les notes d’un livre, c’est fastidieux. Mais à la page 167 de ma TOB (traduction œcuménique de la Bible), édition 1975, se trouve une note qui m’a intrigué. D’autant qu’elle met en question la récitation du Décalogue, ces dix instructions que Moïse a reçues gravées sur deux tables de pierre. La huitième dit traditionnellement: «Tu ne voleras pas». Or je lis en petits caractères: «D’après une tradition bien attestée, reprise par des exégètes modernes, ce commandement interdirait de s’emparer des personnes pour les réduire en esclavage; il viserait toute aliénation de la liberté d’autrui». Soit: au lieu du vol d’objets (figurant dans le 10e commandement), le vol de sujets. Tu ne commettras pas de rapt.
Le rapt concerne des personnes vivantes. Nos temps modernes nous documentent assez là-dessus: prise d’otages d’innocents pour forcer l’ennemi à céder. Kidnapping. Pédophilie. Traite d’êtres humains. Esclavage. Drogues. Enfermement. Mariages forcés. Rien de neuf.
Cela implique des perversions cruelles jusque dans les domaines de l’éducation familiale, scolaire et religieuse, de l’union conjugale, du commerce, des institutions politiques et religieuses: vous êtes pris au piège! Réfléchissez-y. Tant de vies condamnées à ne pas pouvoir s’épanouir. Une tyrannie d’ordre individuel ou collectif.
De quand datent les «Déclarations des droits humains»? Le Décalogue du Sinaï en contient déjà une. Qui ne l’a pas remarquée peut la découvrir. Et rendez-vous le 10 décembre, pour la journée des droits de l’homme.

Une économie à visage humain? : Le protestantisme et l’argent

 Gilles Bourquin, théologien et pasteur

L’éthique protestante a valorisé le travail et le gain matériel, de pair avec le souci social. Mais aujourd’hui, face aux dérives du néolibéralisme, la société civile s’insurge. Salaires abusifs des grands patrons, déroute morale du système bancaire, impunité des multinationales, libéralisation des horaires des commerces, débordement du travail sur la vie privée… l’excès est consommé. Pour que le monde des affaires respecte les droits et les besoins humains, on pointe du doigt la responsabilité sociale des entreprises et le développement d’une éthique au plan mondial.

Le protestantisme et l’argent
Prétendre que la religion est une affaire d’argent est réducteur. La foi, le pardon, l’espérance du salut ne sont pas des affaires financières. Pourtant, à chaque époque, les liens entre la piété et l’économie sont très intenses.
La mentalité religieuse du Moyen-Age est dominée par l’idéal de pauvreté évangélique. Pour imiter le Christ et les apôtres, les moines font vœu de pauvreté. Saint François d’Assise, qui renonce aux richesses paternelles, est un de leurs modèles.
A la Renaissance, période où naît le protestantisme, les choses changent. L’humanisme accorde de la valeur au bien-être de l’homme et remet en question l’idéal de pauvreté. En même temps, le commerce capitaliste à grande échelle se développe dans les villes marchandes italiennes, à Venise et à Florence notamment.

Martin Luther refuse les indulgences papales
En 1517 éclate l’affaire des indulgences: des papiers valeur émis par l’Eglise romaine permettent d’acheter son pardon ou celui d’autrui. Le moine Luther s’oppose à ce que le pardon puisse être obtenu sans une sincère pénitence. Le protestantisme est né.

L'atome et le préjugé

 Ma vie a basculé                                                                  

                             Nous, les gadjés (les non-Roms), sommes nourris de l’imaginaire que distillent les Roms. Nous vibrons au son du jazz         manouche de Django Reinhardt et nous apprécions les films de Kusturica ou de Tony Gatlif. Or la réalité à laquelle se heurte cet imaginaire est sombre. Elle est faite d’exclusion, de conditions sociales inacceptables, de discrimination et de rejet grandissant: refoulement aux frontières, démantèlement de campements roms, manifestations de haine anti-Roms, attaques meurtrières en Hongrie…
Les Roms figurent au top ten du racisme et des discours haineux, depuis que les politiciens en ont fait les nouveaux boucs émissaires de leur incapacité à gérer notre vivre ensemble. Que l’on songe aux propos du ministre français à l’égard des Roms vivant dans des campements, qui «ne souhaitent pas s’intégrer dans notre pays pour des raisons culturelles ou parce qu’ils sont entre les mains de réseaux versés dans la mendicité ou la prostitution.» Ces allégations, qui ont scandalisé les organisations de défense des Roms, en viennent à banaliser et à légitimer la xénophobie latente. Partout, on généralise, on amalgame, on stigmatise, on manipule les images et l’opinion, on joue sur la peur du «nomade», en faisant appel aux stéréotypes les plus caricaturaux.
Certes, en Suisse, la communauté rom est moins touchée par cette stigmatisation. Ses membres y sont majoritairement bien intégrés. Mais... demandez à ce serveur, qui se dit kosovar, pourquoi il n’avouera jamais son origine. La réponse est simple: afficher son identité rom, c’est être constamment confronté aux clichés réducteurs qui les poursuivent depuis des siècles.
Et puis, qui conçoit qu’il y a chez nous des architectes, des banquiers ou des entrepreneurs roms? Pourtant ces Roms «invisibles» sont présents dans toutes les couches de la population, nous confirme Stéphane Laederich, lui-même membre de cette communauté. Ce sont eux les Roms de notre pays.
Or, si les mendiants roms ou les gens du voyage ne représentent que 1% des Roms en Suisse, les médias ne parlent que d’eux, ou presque, et de quelle façon! Nous avons voulu aller à leur rencontre. L’historien Thomas Huonker, qui nous rappelle la politique génocidaire que la Suisse a menée contre eux, m’a cité cette phrase d’Albert Einstein: «Il est plus facile de désintégrer un atome que de vaincre un préjugé.»

Carole Pirker

La vie à n'importe quel prix?

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Les progrès médicaux ont permis l'augmentation de l'espérance de vie, mais avec parfois pour corollaire «un acharnement thérapeutique» sur des malades en fin de vie, qui a suscité de nombreuses réactions. «Dans les années 60-70, précise Pierre Paroz, des ADMD sont nées dans la plupart des pays développés, et avec elles, la notion d'«euthanasie» – bonne ou belle mort – a refait surface, opposée à «la mort en kit» du malade qui finit bardé d'appareils chirurgicaux, et ne doit sa survie qu'à des tuyaux».
Parallèlement à ces associations s’est développée la pratique des soins palliatifs, avec pour objectif d’apporter le plus de confort et de réconfort aux personnes en fin de vie. «Ceux qui adhèrent aux ADMD, tout en saluant le progrès apporté par les soins palliatifs, doutent de la capacité de ceux-ci à apporter LA solution au problème de la fin de la vie dans tous les cas. La question de l’«euthanasie» est complexe. ADMD en distingue trois types: – passive: c'est renoncer à tout traitement curatif; – active indirecte: c'est donner au malade, pour atténuer ses douleurs, des sédatifs à des doses qui, peuvent provoquer la mort; – active directe, qui consiste à administrer au malade, sur sa demande insistante, une piqûre provoquant l’arrêt des fonctions vitales. On parle enfin de suicide assisté lorsqu’un tiers fournit un breuvage létal au malade qui l’absorbe lui-même. Pierre Paroz considère que les deux voies – soins palliatifs et «choix de sa mort» – ne sont pas concurrentes, mais complémentaires: «Souvent, les personnes ayant écrit leurs dernières volontés, qui savent qu'elles ne seront pas soumises à un traitement inhumain et que le cocktail létal leur sera fourni si nécessaire, sont rassurées, et très souvent, cette demande ultime n'est pas présentée.»

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