Pauvres socialistes français! C'est à se demander si une implosion du parti - un peu à l'image du départ de Jean-Luc Mélenchon - ne serait pas la seule solution pour remettre un peu d'ordre dans la basse-cour. Trop de «coqs», une «dinde» royale qui refuse d'être déplumée: le spectacle est haut en couleur mais totalement confus. Et le vote des militants n'y a rien arrangé...
Trop vite, on a cru que le consensuel Delanoë allait monter au perchoir pour sonner la fin de la récréation. Las! Trop raisonnable, méconnu dans cette province qui fait les leaders socialistes, le maire de Paris est pris en tenaille entre deux dames (Aubry et Royal). Et comme en 2006, lors de la campagne interne en vue de la présidentielle, la «madone» du Poitou, si honnie par ses pairs, s'est montrée meilleure tacticienne. Son style, qui fleurte parfois avec le grotesque, demeure très efficace auprès des militants. A coups de bec rapides, l'aigle Royal réagit plus vite, épouse le vent du moment avec habileté. Quitte à se contredire, à peindre soudain ses plumes en rouge, alors qu'il y a deux ans elle prônait l'alliance avec le centre: seule contre tous déjà...
En fait, le problème de Ségolène Royal, c'est moins la tête du PS que son futur destin national. Désormais en position de force, ce qu'elle veut surtout, c'est ne pas voir nicher à la tête du parti un(e) concurrent(e) direct(e) dans la prochaine course à l'Elysée.
Autant dire qu'avec quatre candidatures «sérieuses», les combinaisons d'alliances sont démultipliées: coups de griffes, chausse-trapes et portes qui claquent vont abonder avant le Congrès de Reims, en fin de semaine . En l'absence de véritables ruptures idéologiques entre eux, la bataille des prétendant(e)s va donc se résumer, une fois encore, à un exercice de «combinazione» entre egos démesurés.

